Prisons de la honte

avril 17, 2011

Arbi Zarmaev: sa famille a pu le voir un unstant

Comme prévu, Arbi Zarmaev – l’homme qui aurait dû être relâché il y a un an- a comparu, le 15.4.2011, après 21 mois de prison devant la Chambre de Conseil.

Le ministre de la Justice De Clerck (CD&V, le parti flamand des chrétiens-démocrates) qui a voulu coûte que coûte extradier Arbi Zarmaev et qui avait négocié à cette fin avec l’ambassade russe, a joué un rôle inadmissible dans cette affaire.

Pendant que le ministre ne peut plus du point de vue légal être vraiment dit ministre, – le pays attendant toujours l’installation d’un nouveau gourvernement,-il a cependant eu l’occasion de commettre plus d’erreurs que seulement celle de violer le principe de la séparation des pouvoirs.

En effet, Arbi Zarmaev a été laissé 4 jours sans boire et manger pendant sa réclusion solitaire à la prison de Hasselt, ce qui a entraîné une déshydratation grave et d’autres dommages pour sa santé déjà gravement atteinte. On lui a aussi administré de force un neuroleptique (Clopixol). Sa famille a plusieurs fois protesté auprès du ministre par lettre recommandée, mais elle n’a jamais reçu de réponse de sa part. Il y a à peu près trois semaines, Arbi Zarmaev a été transféré vers la prison de Bruges, où il a été enfermé dans une espèce de cage pour chiens qui mesure 2 mètres par 3, presque totalement sans lumière, où il était en effet bien pire logé que les chiens d’un chenil, puisque ceux-là ont assez de lumière et d’air frais et on ne les torture pas. Bien qu’Arbi Zarmaev était physiquement complètement épuisé, on le réveillait tous les 15 minutes chaque nuit avec force bruit et lumière. On lui a donné un nouveau neuroleptique qui devait le rendre ´plus sociable´. Juste avant qu’il devait comparaître de nouveau devant le Conseil de l’Etat (il y a à peu près 10 jours) pour voir être approuvée la décision de De Clerck de l’extradier vers la Russie, on a commencé à tenir Arbi Zarmaev dans l’isolement total. La direction de la prison répétait continuellement ´que le prisonnier lui-même ne voulait avoir plus aucun contact´ ni ‘signer la moindre note de la prison lui permettant de correspondre par lettres, de téléphoner, d’avoir la télévision, d’aller à la promenade dans la cour ou d’avoir des contacts avec ses co-détenus´. La famille d’Arbi était désespérée de ne plus pouvoir le rencontrer et craignait qu’il n’allait mourir en prison. Ni leurs visites à la prison, ni celles au cabinet du ministre De Clerck, ni celles au bureau du directeur Hans Meurisse du Directorat-Général des Institutions Pénitentiares, n’ont ressorti le moindre effet. La direction de la prison prétendait qu’on voulait ´respecter sa volonté de s’isoler complètement.

Le 14.4.2011, la famille a reçu une copie de la requête pour sa mise en liberté de la part de son avocat. Et le 15.4.2011 donc la Chambre de Conseil s’est penchée sur l’affaire. La famille d’Arbi a pu le voir un instant et échanger quelques paroles avec lui. Les blessures profondes aux poingets et aux chevilles qu’il a par suite d’avoir dû porter des menottes pendant si longtemps, paraissaient loins d’être guéries. Une opération chirurgicale n’était plus possible depuis que les blessures qui vont jusqu’à l’os, se sont infectées. Arbi a demandé à sa famille ´pourquoi elle n’était plus venu le voir depuis 10 jours’. Sa raison est intacte, en dépit de toutes les tortures qu’il a connues, de sa réclusion solitaire et des drogues psychiatriques qu’on lui a forcé à prendre.

Photo: Avant le Palais Royale à Bruxelles

2 Commentaires »

  1. Un ‘comportement normalisé’…

    —-

    Faits divers – Ministre de la Justice, Stefaan De Clerck, Transfert, Monde

    Le comportement de Farid Bamouhammad avait été normalisé à Bruges

    Le 5-4-2009 à 11h50
    Le ministre de la Justice, Stefaan De Clerck, l’annonce dans une réponse à plusieurs personnalités politiques régionales qui l’avaient interrogé à propos de la grève des agents pénitentiaires à la prison de Namur, exprimant leurs inquiétudes quant au transfert de Farid Bamouhammad de la prison de Bruges, une prison de haute sécurité, vers celle de Namur, qui ne propose pas le même degré de sécurité. [...] En réponse à ces questions, le ministre de la Justice Stefaan De Clerck a rétorqué que le transfert de l’intéressé était prévu depuis plusieurs semaines et qu’il avait été minutieusement préparé avec tout le monde. [...] Il faut comprendre qu’une relation doit être établie entre la direction et le personnel pour organiser au mieux ce travail en prison, commente Stefaan De Clerck. [...]

    http://www.rtl.be/archive/info/belgique/_faits_divers/ministre-de-la-justice-stefaan-de-clerck-transfert-monde.html

    Commentaire par kruitvat — avril 19, 2011 @ 10:20

  2. Ministre de la Justice: ‘Exécution de la Loi de principes’ ??

    ——

    jeudi, 1 janvier 2009
    (Communiqués de presse)

    Les AR qui doivent être pris pour que des parties de la loi de principes puissent entrer en vigueur sont:

    AR portant les mesures d’exécution en matière de conditions de vie dans la prison et du régime disciplinaire, réglée dans la loi de principes du 12 janvier 2005 concernant l’administration pénitentiaire et le statut juridique des détenus.

    Le présent AR permet une entrée en vigueur des articles suivants : 1, 2, 3, 16, 19, 41, §1, 42, 44, 45, 46, 47, 53, 54, 55, 56, 58, 59, 60 à 70, 76, 77, 78, 79, 80, 100, 101, 102, 103, 104, 122 à 146, 167,§§1 et 4 et 179, §5, alinéa 3.

    L’AR fait entrer en vigueur les dispositions de la loi de principes qui portent sur l’accueil des détenus, les conditions de vie matérielles dans la prison (objets des détenus, compte individuel), les contacts avec le monder extérieur (correspondance, visite dans l’intimité, utilisation du téléphone et d’autres moyens de communication, contacts écrits et oraux avec des avocats et des fonctionnaires consulaires et diplomatiques) et le régime disciplinaire.

    AR fixant la date d’entrée en vigueur du chapitre VII du titre V de la loi de principes du 12 janvier 2005 portant l’administration pénitentiaire et le statut juridique des détenus et fixant les règles en matière de transfert et surveillance.
    Le présent AR stipule les modalités de transfert des détenus vers un hôpital ou une institution pour des soins de santé.

    AR portant exécution de l’article 91, §3, de la loi de principes du 12 janvier 2005 portant l’administration pénitentiaire et le statut juridique de détenus.
    L’AR fait entrer en vigueur l’article 91, §3, de la loi de principes et détermine la procédure à suivre pour la visite d’un médecin librement choisi dans la prison ; la prise en charge des frais et décrit la procédure lors d’un désaccord entre le médecin de la prison et le médecin librement choisi.

    Historique et état des lieux

    La loi du 12 janvier 2005 portant l’administration pénitentiaire et le statut juridique des détenus, comme modifié par la loi du 2 mars 2005 n’est que partiellement entrée en vigueur depuis l’approbation de cette loi en 2005.
    La loi du 12 janvier 2005, également appelée loi de principes ou la loi Dupont, doit continuer à entrer peu à peu en vigueur.

    C’est pour cette raison que trois nouveaux AR sont en préparation afin de permettre de laisser entrer en vigueur des plus grandes parties de la loi de principes.

    http://www.stefaandeclerck.be/fr/exécution-de-la-loi-de-principes/973

    Commentaire par kruitvat — avril 19, 2011 @ 11:05


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